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A leur naissance, les chiots passent 90 % de leur temps à dormir. Pendant cette période de repos, une hormone de croissance est sécrétée, permettant à ses os, à son système nerveux, mais aussi à tout son organisme de grandir dans de bonnes conditions. C’est pourquoi la qualité du sommeil du petit chien est importante. Par la suite, s’il reste un gros dormeur (puisqu’il consacre à cette activité environ 16 heures par jour), le chien a le sommeil plutôt léger. Au moindre bruit suspect, il ouvre un oeil. Cette vigilance est plus prononcée chez les chiens dominants car la surveillance du territoire ait partie de leurs prérogatives quand ils vivent en meute dans la nature.
L’anxiété intermittente
Lorsqu’un propriétaire est amené à consulter un vétérinaire pour des troubles du sommeil chez le chiot, ces derniers sont souvent d’ordre psychologique. En effet, tant que le chiot est en contact étroit avec sa mère, il est plutôt serein, cette dernière sécrétant au niveau des mamelles des molécules apaisantes que les spécialistes appellent les Dog Apaising heromon (DAP). Lorsqu’il est sevré, le petit chien ne reçoit plus ces molécules alors qu’il se retrouve dans un univers qui e lui est pas du tout familier (c’est le moment de l’accueil dans sa famille adoptive). Ses raisons d’angoisser ne manquent pas. Pour être à nouveau apaisé, il doit d’abord créer un lien d’attachement avec ses nouveaux maîtres. Ce dernier se substituera à celui qu’il entretenait avec sa mère. Mais le temps que cela se fasse, si le chiot est vraiment trop perturbé et bruyant la nuit, le vétérinaire peut proposer des DAP de synthèse, sous forme médicamenteuse (elles sont dispensées au chiot par le biais d’un diffuseur). De son côté, le maître peut l’aider à passer ce cap en veillant à ne pas changer son coussin de place à tout bout de champ, à placer le chiot dans un endroit calme qui deviendra son lieu de couchage définitif. Parfois, lorsque les troubles du sommeil ne passent pas, malgré les DAP, le vétérinaire peut prescrire d’autres traitements, homéopathiques, à base de plantes ou encore des psychotropes.
Il confond le jour et la nuit
Chez le chien adulte, la cause la plus fréquente de consultation en cas de sommeil perturbé est souvent liée à l’âge. En vieillissant, l’animal perd ses repères. Ses rapports avec son environnement pourtant familier changent. Il ne joue plus, devient malpropre, parfois agressif, et confond le jour et la nuit. Les vétérinaires nomment cette phase de la vie du chien âgé la dépression d’involution. Sa vue, son ouïe ont diminué et, lorsqu’il se réveille, il est perdu, tourne en rond, fait preuve d’une certaine agitation. Ces troubles de la sénescence ne sont pas inéluctables mais apparaissent plus ou moins rapidement selon les races. Les molosses et les chiens de grande taille, qui ont une espérance de vie de 10 ans, risquent de présenter ce type de troubles dès 7 ans. Mais avec les chiens de petite taille, qui peuvent espérer vivre jusqu’à 14 ans au oins, ces problèmes peuvent surgir après 10 ans…
Un bilan, pratiqué par un vétérinaire, permet d’éliminer une autre cause organique (un déficit en dopamine au niveau cérébral, un excès de cortisol dans le sang, un trouble de la fonction thyroïdienne, etc.) expliquant une perturbation du sommeil du chien. Si son diagnostic en rend responsable une dépression d’involution, il prescrira alors des traitements permettant une meilleure irrigation et une oxygénation du cerveau. Laisser certains repères à son chien, la nuit (ne serait-ce qu’une petite veilleuse !), peut aussi l’aider à savoir où il est…
Parfois, c’est la douleur chronique qui empêche l’animal de trouver le sommeil. Cela peut être une affection comme l’arthrose ou ne maladie entraînant une gêne respiratoire (l’insuffisance cardiaque quand elle s’accompagne d’un oedème pulmonaire ou encore de la bronchite chronique chez les chiens victimes du tabagisme passif). Lorsque la maladie initiale est correctement prise en charge et que la gêne disparaît ou s’estompe, le chien retrouve souvent un sommeil plus paisible.
Auteur : Nathalie Szapiro journaliste  En collaboration avec Etienne Puyanne, Vétérinaire
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