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Il vaut toujours mieux utiliser des médicaments à usage vétérinaire, lorsqu’ils existent. A défaut, il arrive que l’on se tourne vers des médicaments pour les humains, mais toujours sous contrôle vétérinaire. En effet, certains peuvent s’avérer toxiques, voire mortels pour nos animaux…
La première cause d’intoxication chez le chien n’est pas l’empoisonnement volontaire mais l’absorption de médicaments à usage humain, par exemple parce qu’ils traînaient sur une table et que le chien les a volés par gloutonnerie ! Heureusement, toutes les intoxications ne sont pas graves : si votre chien avale une plaquette de pilules contraceptives, il se sentira probablement un peu nauséeux, mais s’en remettra bien vite, même si c’est un mâle! Et s’il tombe sur un anxiolytique, il en sera quitte pour un gros somme. Et ne pensez pas qu’il ne touchera pas à vos médicaments sous prétexte qu’ils ont mauvais goût : jouez plutôt la prudence et rangez-les dans une armoire fermée à clé (une sécurité pour vos enfants aussi).
Ceux qui sont toxiques pour l’animal
Les antalgiques peuvent faire de gros dégâts, à l’exception d’un seul (pour le chien) : le meloxicam, un anti-inflammatoire assez peu connu du grand public. Un simple comprimé de paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc.) peut ainsi provoquer une insuffisance hépatique grave, voire mortelle, chez le chat. En outre, il n’y a aucune correspondance au niveau des posologies : bien souvent, on croit à tort que ce qu’un nouveau-né humain de 3,5 kilos peut tolérer est accepté par l’organisme de son animal de compagnie d’un poids identique. Il ne faut jamais donner d’antalgique à un chat ou un chien sans consulter au préalable son vétérinaire. Et si vous surprenez votre animal en « flagrant délit » d’intoxication, essayez de le faire vomir tout de suite, en lui donnant un mélange d’une cuillérée à soupe de sel de table et d’une cuillérée à soupe de moutarde. Faites-le uniquement s’il vient d’avaler les comprimés sous vos yeux. Car si vous trouvez votre animal en mauvais état, l’emballage vide traînant dans la pièce, ne tentez rien (vous ne savez pas à quand remonte l’intoxication), mais appelez d’urgence le vétérinaire pour le prévenir de votre arrivée.
Ceux qui sont communs à l’homme et à l’animal
La plupart des médicaments homéopathiques destinés à l’homme peuvent convenir à l’animal, puisqu’il s’agit de traitements hautement dilués. En cas de coup, par exemple, vous pouvez donner de l’Arnica 5 CH (3 granules) pour limiter l’oedème. Il n va de même pour certains traitements locaux comme les antiseptiques (bétadine cutané ou Diaseptyl, etc.) pour désinfecter une plaie : chiens ou chats les tolèrent fort bien.
D’autres molécules sont communes à l’homme et à l’animal mais à des posologies différentes : c’est notamment le cas du Lévothyrox, utilisé en cas d’hypothyroïdie. Comparativement aux doses administrées chez l’homme, celles délivrées à un chien hypothyroïdien sont bien plus importantes, une fois rapportées à son poids. De nombreux antibiotiques, notamment ceux appartenant à la classe des pénicillines, sont également communs aux humains, aux chiens et aux chats. Cependant, il ne faut pas se fier aux posologies délivrées chez le nourrisson, mais bien se renseigner auprès de son vétérinaire. Il en va de même avec certains antidiarrhéiques comme le lopéramide et certains antispasmodiques (phloroglucinol). Enfin, le vétérinaire n’a parfois pas d’autre choix que de recourir à un médicament à usage humain car il n’existe aucun équivalent vétérinaire : c’est le cas en cancérologie et il doit alors adapter les posologies au cas par cas.
Pas d’échange entre chiens et chats
Même si un chien de petite taille pèse le même poids qu’un chat, utiliser le traitement de l’un pour l’autre n’est pas nécessairement une bonne idée. A de rares exceptions près (comme l’acide tolfénamique), les antalgiques pour chiens donnés par voie orale sont généralement toxiques pour les chats. De plus, les posologies des uns et des autres ne correspondent pas forcément. Si vous avez un chien et un chat à la maison, pensez à bien séparer leurs traitements pour éviter toute confusion… Auteur : Nathalie Szapiro journaliste  En collaboration avec Etienne Puyanne, Vétérinaire
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