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Par Aurélie MAYEMBO
SAINT-ETIENNE, 26 juil 2008 (AFP) - "J'attends un appartement pour ma famille", lance Romika, un Rom qui dort depuis dix jours avec femme et enfants sous une tente en plein centre de Saint-Etienne, et dit ne plus vouloir "rester 5 mois, 7 mois ou un an et demi" dans un squat, avant d'être délogé.
Comme les 70 autres Roms de ce campement improvisé qui compte une vingtaine d'enfants, le jeune homme a refusé de rentrer en Roumanie après son expulsion la semaine dernière d'une école désaffectée.
A l'initiative du réseau associatif qui défend les Roms et veut leur obtenir des logements, il a posé sa tente près d'un kiosque situé entre l'Hôtel de Ville et la préfecture, donnant au lieu des allures de camping, les sanitaires en moins.
Pour seule réponse, le maire de Saint-Etienne Maurice Vincent (PS) a offert aux Roms d'installer leurs tentes sur un terrain vague à 1,5 km du centre, approvisionné en eau et en électricité et équipé de toilettes chimiques.
Une solution "à court terme" pour l'édile qui se veut ferme et envisage comme seule issue "le retour accompagné (des Roms) en Roumanie", dont le séjour est autorisé en France pour une durée de trois mois, mais qui doivent justifier de ressources pour y rester plus longtemps.
Ce terrain, "c'est la création d'un bidonville. C'est la pire des solutions", estime Georges Gunther, membre du réseau "Solidarité Roms".
"Je ne suis pas d'accord pour dormir encore sous la tente", s'emporte Romika, 25 ans. "Là-bas, c'est dégradé. On est comme des chiens", affirme-t-il, précisant que le terrain est coincé entre un cimetière et un chenil de la SPA.
Même son de cloche pour Stefan, 30 ans, dont cinq passés dans les différents squats de Saint-Etienne. Ce père de quatre enfants --un des rares du campement à avoir du travail-- aimerait obtenir un appartement en centre-ville pour leur permettre d'aller facilement à l'école.
Pour trouver un logement "durable et décent", les Roms sont assistés dans leurs démarches par le réseau de solidarité composé d'une centaine de personnes et qui réunit plusieurs dizaines d'associations. Ils ont également reçu le soutien de 3.200 Stéphanois signataires d'une pétition en faveur de leur relogement.
Les bénévoles des associations, dont certains passent la nuit sur place, tapent à toutes les portes pour éviter une nouvelle expulsion qui pourrait survenir à tout instant, en épluchant les annonces immobilières et en sollicitant d'autres municipalités.
"Nous avons déjà trouvé 29 places d'hébergement (temporaires ou durables)
On a l'espoir que ça se résolve", affirme Adeline Combat, une membre du réseau.
La mairie de Saint-Chamond (Loire) a proposé de loger une famille de cinq personnes dans un camp de vacances avant de leur trouver un appartement à la rentrée, indique cette assistante sociale. Et les communes voisines de Sorbiers et Firminy (Loire) étudieraient des solutions similaires.
L'évêché de Saint-Etienne a également offert de loger cinq personnes à qui elle fournirait un "accompagnement social", se réjouit la jeune femme.
"On espère mettre la municipalité dans l'embarras en trouvant des logements aux familles", résume Geneviève, une bénévole du Secours populaire venue apporter de la nourriture.
may/pre/df
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