Si l'Association Stéphane Lamart "Pour la Défense des Droits des Animaux" se déclare satisfaite de l'opération, la SPA et la PMAF (Protection Mondiale des Animaux de Ferme) jugent pour leur part que "la montagne a accouché d'une souris".
Caroline Lanty, présidente de la SPA, a fait part de sa déception après la clôture des rencontres "Animal et Société", qualifiant de "mesurettes" les annonces du ministère de l'Agriculture : "Nous sommes énormément déçus bien entendu. Il y a dans tout cela une part de mascarade, nous avons le sentiment [...] que les jeux étaient faits à l'avance. Les associations de protection animale ont été invitées mais très peu entendues. On nous a reçus, on nous fait parler, on nous a instrumentalisés pour donner bonne conscience à ce gouvernement, et puis nous sommes repartis !" déclarait-elle dans un communiqué.
Pour la PMAF, les mesures concernant les animaux d'élevage "ont été réduites comme peau de chagrin". Les propositions retenues font, d'après l'association, l'impasse sur le problème du bien-être animal inhérents aux systèmes d'élevage (gavage, cages en batterie ect...)
"L'aboutissement de ces rencontres n'est pas une victoire pour les animaux", confiait Ghislain Zuccolo, directeur de la PMAF. "Elles étaient pour nous porteuses de beaucoup d'espoir, mais force est de constater que la volonté de ménager la susceptibilité des organisations professionnelles a fait perdre à ces rencontres beaucoup de leur intérêt."
Quant à l'annonce de l'élaboration et la diffusion d'une charte nationale des relations avec l'animal, la PMAF rappelle que cette initiative avait déjà été lancée par le même ministère de l'Agriculture en 2002, sous le nom de "Charte des principes fondamentaux de la relation entre l'homme et l'animal" (lien direct http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/bien_etre-1.pdf)
Une association s'est cependant déclarée satisfaite des principales mesures proposées : l'association Stéphane Lamart pour "la Défense des Droits des Animaux", qui avait demandé un certain nombre de décrets correspondant aux combats qu'elle défend.
Parmi eux, la responsabilisation de la filière "animaux de compagnie, la gestion des populations animales dans la ville ou encore l'accueil des animaux dans les maisons de retraite et établissements médicaux.
"Les réformes que nous demandions, nous les avons obtenues avec, de plus, une application immédiate. Le tout est de comprendre et d'admettre qu'en terme de réformes, il convient d'éviter d'exiger qu'elles soient radicales et trop abruptes, face aux mentalités et aux coutumes de nos concitoyens."
Les associations mécontentes ont ajouté qu'elles ne comptaient pas en rester là. La suite au prochain épisode...
Emmanuelle Carre.