D’un voyage solitaire de trois ans naît « Vertige d’une rencontre » de Jean-Michel Bertrand, cinéaste. Le récit d’une communion avec la nature dans les vallées du Champsaur, du Dévoluy et du Valgaudemar, non loin de Saint- Bonnet, son village natal, dans la région des Hautes-Alpes. Le fil conducteur est l’espoir ténu de filmer « le farouche, l’imprévisible prédateur imparable, fascinant par sa taille et la perfection de son envol » l’aigle royal.
L’enfant du pays se fait patiemment oublier pour repérer la présence de ce rapace protégé. Il se camoufle et attend, à l’affût, des heures et des jours durant, prêt à déclencher sa caméra. Le temps s’écoule…
De cette obsession qui l’habite et le guide sur les sentiers escarpés de son enfance, il capte des instants magiques au fil des saisons. À la sortie de leur hibernation des jeunes
marmottes albinos jouent avec insouciance. Un
écureuil roux fait ses réserves pour l’hiver. Les
bouquetins s’élancent sur le tapis neigeux dans d’élégantes cabrioles. Les grands rapaces impressionnent par leur capacité à surfer dans les airs.
Puis le regard croise l’être tant attendu. « Mon cœur s’est emballé et je me suis dis : surtout ne tremble pas ». Aujourd’hui le rêve réalisé de Jean-Michel Bertrand se poursuit sur grand écran.